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dimanche 26 août 2012

Haïti: Mèci, mwen byen

Olivier Le Gall intervient depuis deux ans dans le cadre de la reconstruction en Haïti. Cet architecte de 33 ans a profité de son séjour estival en Europe pour se former et se reposer. Il se réjouit de retourner en Haïti. Témoignage recueilli par Karl Schuler.






Mèci, mwen byen – merci, ça va bien, répond Olivier Le Gall de ce ton résolument confiant qui caractérise les Haïtiens. Le collaborateur de la Croix-Rouge suisse (CRS) n’est pas de ceux qui déplorent les caprices de la météo estivale. Pendant ses vacances dans son pays, ce Français apprécie même ces températures plutôt fraîches pour la saison, qui le changent du climat chaud et humide de Léogane. Voilà déjà deux ans qu’il vit dans cette ville haïtienne où, quelques mois seulement après le tremblement de terre de janvier 2010, il a pris ses fonctions en tant que délégué à la construction.

Olivier Le Gall rend visite à Guirlène Jean-Louis, qui vient d’emménager dans son nouveau logis

En juillet, Olivier s’est accordé deux bonnes semaines de repos à Nantes, dont il est originaire. C’est dans cette ville de l’Ouest de la France qu’il a fait ses études d’architecture, il y a plus de dix ans. Jeune diplômé, il a d’abord rejoint l’organisation Architectes de l’Urgence dans des régions du Pakistan et du Pérou ravagées par des séismes. Un bagage qui faisait de lui un candidat idéal pour relever – cette fois-ci sous la bannière de la Croix-Rouge – les défis de la reconstruction en Haïti. 

Mais on n’a jamais fini d’apprendre. Aussi, avant de regagner l’Etat insulaire, Olivier a-t-il suivi à Utrecht, aux Pays-Bas, un cours sur l’hébergement d’urgence en cas de catastrophe organisé par la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. La formation a surtout été l’occasion d’échanges instructifs avec ses homologues des quatre coins de la planète. L’heure est maintenant au retour dans la ville côtière de Léogane, depuis laquelle il se rend presque quotidiennement à Palmiste-à-Vin, à 30 minutes de route. 

A Palmiste-à-Vin les 600 chantiers d'habitations encadrés par Olivier sont terminés.

Olivier aime aussi passer du temps avec ses collègues haïtiens en dehors du travail. Le fait que ces derniers l’invitent chez eux en dit long sur les liens qui se sont noués. L’architecte habite lui-même dans un bungalow de deux pièces et se dit très content que sa compagne, qui est agronome, ait trouvé une activité à Léogane.

Olivier admire cette capacité d’improvisation sans laquelle les Haïtiens ne pourraient composer avec les contraintes du quotidien. Il a moins de mal à interagir avec les paysans de Palmiste-à-Vin depuis qu’il a appris le créole. Certes, ceux-ci comprennent le français, mais, à défaut d’avoir pu aller jusqu’au bout de l’école primaire, ils le parlent souvent à peine. «A leurs difficultés matérielles, les habitants opposent une joie de vivre et une foi en l’avenir communicatives», déclare-t-il.

Olivier se réjouit à l’idée de retrouver ses collègues de l’équipe de chantier locale.

Mèci, mwen byen – répondent-ils invariablement. La saison des pluies, qui débute en juillet, est souvent à l’origine de glissements de terrain, sans parler des cyclones dévastateurs qui s’abattent régulièrement sur l’île. Face à une telle adversité, cette volonté de vivre est, à côté d’une bonne préparation aux catastrophes, un atout majeur.

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