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mardi 30 juillet 2013

Le lait de jument, plus sain que le champagne

Ces dernières années, la CRS a soutenu le développement de l’accès aux soins dans les villages du Kirghizistan. Des bénévoles se rendent jusqu’aux yourtes des éleveurs qui passent l’été à l’alpage. Au menu pour les visiteurs: du lait de jument fermenté.


Bienvenue à l’alpage de Saralasei! Non, nous ne sommes pas dans les Grisons, mais dans le nord du Kirghizistan, à 3600 m d’altitude. Si nous avons tous en tête des images des splendeurs de l’Asie centrale, rien ne peut véritablement préparer au spectacle que nous y réserve la nature. Il faut s’imaginer des cimes enneigées sous un ciel immense, des prairies verdoyantes où paissent chevaux et moutons, et ici où là, le dôme clair d’une yourte qui fait un point sur l’horizon: l’abri d’une famille d’éleveurs contre le vent et la pluie.

CRS K. Schuler
Nous arrivons à l’alpage en fin d’après-midi, juste au moment de la traite. Munara possède une bonne dizaine de juments: «Je les trais cinq fois par jour, en plein air, pour six litres de lait en tout.» Klara, 12 ans, vient prêter main-forte à sa mère, cependant que Bajeh et Daniel, ses petits frères, rassemblent les moutons. C’est aujourd’hui en effet que Mairambek, le vétérinaire que nous accompagnons, va vacciner les bêtes contre la brucellose, une infection bactérienne transmissible à l’homme. Son intervention s’inscrit dans le cadre de la campagne de prévention de la santé. 

CRS Fabian Biasio
CRS Fabian Biasio
Nous sommes ensuite invités dans la yourte, où nous nous asseyons en cercle sur le sol recouvert d’un tapis, dans un cadre accueillant et chaleureux qui me rappelle le chalet d’alpage de ma jeunesse, dans l’Urnerboden. Murana nous sert du koumis, la boisson nationale. Ce lait de jument fermenté me laisse toutefois quelque peu sceptique, et je ne suis pas fâché de voir mon collègue jouer les goûteurs. Sa première impression finit de me décider: «On dirait un peu du champagne ou du prosecco». Légèrement acide et mousseux, le koumis, effectivement, n’est pas sans rappeler le noble vin que nous connaissons dans nos contrées. Néanmoins, le goût bien particulier qu’il laisse dans la bouche demande à l’évidence un certain temps d’adaptation, et je préfère m’arrêter à la deuxième gorgée.

CRS K. Schuler
J’apprendrai par la suite sur Wikipédia que le lait de jument est très proche dans sa composition du lait maternel, et donc tout aussi bon pour la santé. Ainsi, il est non seulement rafraîchissant, mais possède surtout des vertus anti-inflammatoires et renforce le système immunitaire. Face à une telle concurrence, même le meilleur des champagnes ne peut rivaliser. Je lève mon verre à l’hospitalité kirghize!

Karl Schuler  


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