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mardi 17 septembre 2013

La nouvelle vie de Belsin après la tempête

Belsin Castellón vit à Concepcíon Maria au Honduras. Elle avait perdu sa maison et son bétail dans une tempête tropicale. Aujourd'hui,  le village et reconstruit et des nouvelles racines d'arbres retiennent le terrain en pente. 

Propos recueillis
par Katharina Schindler







Je ne peux pas me plaindre, on est bien ici. Oui, vraiment, nous avons eu beaucoup de chance de recevoir cette terre. Il y a huit ans, quand la tempête tropicale Gamma a balayé la région, ma famille et moi vivions à 5 km de là, au bord du fleuve. L’eau est montée d’un coup et a tout emporté avec elle. Nous avons tout perdu, comme beaucoup d’autres: notre logement, notre bétail, mais surtout, notre courage.


Nous étions les seuls du village à être restés bloqués de l’autre côté du fleuve, coupés du monde, et nous nous sommes battus deux jours durant pour survivre. A l’aide de troncs d’arbre, nous avons finalement réussi à rejoindre l’autre rive.

C’est mon beau-frère qui a mis ce terrain à notre disposition, à notre plus grand bonheur. Nous y sommes aujourd’hui 56 habitants dans quatorze maisons. Autre avantage: nous avons pu conserver notre structure villageoise. Et nous avons obtenu de l’aide dans la reconstruction.


A cette occasion, la Croix-Rouge nous a montré comment mieux nous protéger des prochaines catastrophes. Nous avons reboisé les versants pour éviter les glissements de terrain. La pépinière se trouve juste à côté de chez moi.


Bien sûr, nous n’avons pas reconstruit aussi près du fleuve, c’est bien trop dangereux. Enfin, la Croix-Rouge nous a aussi donné un poêle qui consomme deux fois moins de bois, ce qui nous permet de préserver les arbres.


Malgré tout, je pense souvent au passé. Là où nous habitions autrefois, c’était plus beau et plus tranquille. Ici, nous vivons sur une voie passante et il y a beaucoup de bruit. Les camions qui montent la pente en pétaradant dégagent une odeur pestilentielle et de gros nuages de poussière.


Cela me gène, et les jeunes enfants doivent faire attention à ne pas se faire écraser. Mais après tout, c’est parfois pratique aussi de vivre si près d’une route. Nous avons deux enfants: mon fils Javier a 13 ans, Daniela en a 11.


Le pâturage pour les bêtes – nous avons douze vaches – ainsi que les champs de maïs et de haricots sont toujours là où ils étaient autrefois. Il faut marcher plus de deux heures pour y parvenir. Le terrain est abrupt et impraticable. Mais le village possède aussi des plantations de café qui se trouvent plus loin encore.


Regardez, les hommes se préparent. Ils voyageront pendant huit heures avec leurs chevaux avant d’atteindre les plantations. Ils y resteront alors une semaine entière. J’espère que tout se passera bien.


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